Crossover : brillant et puissant !

Truc

“Quatre boules de cuir tournent dans la lumière…boxe, boxe, boxe” chantait Nougaro. Le Crossover de chez Hohner envoie et tape dur malgré sa petite taille. Tel David devant Goliath, l’harmo au sommier de bambou ne se laissera pas intimider par des instruments plus imposants, peu avares en décibels.  A vrai dire, c’est en partie à cet effet qu’il a été conçu, bénéficiant des lumières d’harmonicistes chevronnés adeptes de la customisation.

Son capot est d’abord haut  (2 cm contre 1,5 cm chez les autres harmos de chez Hohner). Les notes ne sont pas étouffées dès leur déclenchement par un capot plat mais, la caisse de résonance étant plus importante, la puissance du son s’en trouve amplifiée. Ensuite, le capot largement ouvert vers l’extérieur projette le son à la manière d’un hygiaphone.

L’harmo est ensuite brillant en raison des ouïes situés sur chaque côté du capot. Des sons brillants et métalliques permettent effectivement de se détacher dans la masse des instruments, surtout s’ils sont graves. Imaginez un violon dans un ensemble de contrebasses !

En revanche, c’est aussi ce qui peut déplaire à certains harmonicistes, adeptes des sons veloutés et chaleureux (Golden melody par exemple). Pour ma part, je fais partie de cette dernière catégorie, mais les Crossover me paraissent incontournables lorsqu’il s’agit de jouer sans amplification.

Les Crossover ont été conçus pour être entièrement démontable. Utile et économique lorsque l’on veut changer les jeux de lames sans avoir à acheter un harmo neuf. Eh oui, les lames ne sont pas éternelles ! Elles se désaccordent au bout d’un certain temps et doivent être changées, à la manière des cordes de guitare.

L’autre qualité est son sommier en bambou. Les caractéristiques du matériau participent à la puissance du son d’une part, et font ensuite de l’harmo un instrument hydrophile. Le bois ne gonfle pas et ne se déforme pas sous l’effet de l’humidité. Et puis, c’est plus facile à nettoyer quoi !

L’autre grande qualité, et pas des moindres, c’est que les tierces des accords sont légèrement en dessous des autres notes. Et oui, un phénomène acoustique fait qu’un accord sonne mieux si les tierces ne sont pas parfaitement accordées mais légèrement en dessous du diapason sur lequel sont calées les autres notes.

Personnellement, mon choix se porte sur cet harmo pour les tonalités graves, c’est-à-dire G, Ab, A. Les harmos graves ont tendance à manquer de tonus et de réactivité. Ils peinent aussi plus à se détacher dans l’orchestre. Par leur puissance et leur brillance, les Crossover graves peuvent être un bon moyen de contourner le problème.

Olivier Moulin

Olivier Moulin joue du Mississippi saxophone depuis une trentaine d'années. Peu doué pour la musique par nature, il est parvenu à comprendre comment fonctionnait l'harmonica et provoquer l'émerveillement d'un auditoire. Son adage est "Si j'y suis parvenu, vous le pouvez aussi".

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