Marine band 1896 : pour se rapprocher des pionniers !

Le premier harmo

Avec son sommier en poirier, le légendaire Marine band 1896, ne compte pas pour des prunes ! Premier harmonica industriel de l’histoire, il est l’illustre père du sein duquel est sorti une descendance prospère.

Tel Abraham recevant la promesse divine de devenir le père d’une multitude de nations, le Marine band 1896 a servi de base à la conception des modèles suivants. Tous les harmonicas diatoniques actuels, toutes marques confondues, s’inspirent du Marine band.

Il reste cependant le favori de nombreux illustres harmonicistes chevronnés, tels Jean-Jacques Milteau ou Adam Gussow. Avec ses ouïes sur le côté du capot, l’air s’écoule facilement. Ce qui permet de jouer fort. C’est aussi ce qui lui confère un son brillant et un brin “métallique”. Ensuite, il est accordé avec les tierces légèrement en dessous du diapason global, ce qui lui permet de jouer “sale” et de bien sonner lorsque l’on avale plusieurs notes à la fois.

Contrairement, aux modèles MS (Pour “Modular système”, qui permet de démonter facilement l’instrument) ou les Golden melody, les capots son cloutés, ce qui ne permet pas de le démonter.  Il est possible bien entendu d’ôter les capots en faisant levier à l’aide d’un tournevis, mais je ne vous garantis pas une étanchéité du son lorsque vous aurez fixé les capots à nouveau.

Les Marine band 1896 sont aussi de plus petite taille (identique aux Crossover, qui en sont une déclinaison). Le son est ainsi plus petit. Et oui, les petits instruments produisent de petits sons. Cela n’est pas une critique, mais un fait.

Il est particulièrement intéressant si vous cherchez à reproduire le son type des pionniers du blues puisque ce sont ces instruments qui ont forgé le son du genre pendant des décennies. Tout du moins en partie, car n’oubliez jamais que c’est avant tout l’harmoniciste qui fait le son plus que le modèle qu’il utilise.

J’était très jeune lorsque Charlie McCoy a enregistré ses albums country sur Monument records. Il jouait à l’époque sur ses Old Standby, qui n’existent plus aujourd’hui. Je l’ai vu sur scène en Bretagne il y a quelques années, alors qu’il jouait sur des Special 20, Marine band ou Golden melody, et je peux vous dire que cela sonnait toujours “Charlie McCoy”.

J’ai aussi eu la chance de faire des stages avec Jean-Jacques Milteau, qui affectionne particulièrement les Marine band.  Je l’ai aussi entendu jouer sur toutes sortes de modèles, et je peux à nouveau vous garantir que cela sonne toujours comme du “Jean-Jacques Milteau”.

Ce n’est donc pas l’harmo qui fait le son mais avant tout le musicien.

Pour en revenir à notre Marine band 1896, pour ma part, je le déconseille aux débutants, car celui-ci est moins hermétique que les modèles en plastique et les notes moins faciles à isoler en raison de ses trous étroits. Ces deux éléments font que les altérations (technique qui permet de tordre les lames à l’aide du souffle pour obtenir des notes supplémentaires) sont ainsi moins faciles à obtenir.

Olivier

Pour se rapprocher des pionniers.

Olivier Moulin

Olivier Moulin joue du Mississippi saxophone depuis une trentaine d'années. Peu doué pour la musique par nature, il est parvenu à comprendre comment fonctionnait l'harmonica et provoquer l'émerveillement d'un auditoire. Son adage est "Si j'y suis parvenu, vous le pouvez aussi".

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